Du 30 Avril 

au

 19 juin 2022  

Exposition actuelle

-A noir, E blanc-

 

Lydie Arickx

 ANNE TRÉAL BRESSON

Ouverture

11h – 18h

Lundi au Dimanche

Prochainement  

Exposition Collective

du 01 juillet au 28 août 2022

Vernissage le 02 juillet à 18h 

– 27 artistes présents


 

A noir, E blanc

Le plus bouleversant de la découvre d’une œuvre est l’instant de la rencontre.  Nous nous souvenons, tous, de ces moments où le discours disparaît, la rhétorique est gagnée par le silence.  Un être est là devant nous.  Dans l’espace, il prend toute la place, ou au contraire nous entraine, note après note, point par point, dans une composition à la musique entêtante.  Il nous arrive d’être happé en « un trou » avant de retrouver nos esprits et nos mots, de suivre, pas à pas, une suite d’associations, d’échos nous conduisant en un réseau de relations infinies.

Le premier scénario fut celui de ma rencontre avec l’œuvre de Lydie Arickx.  Celui d’un saisissement pour lequel il y aurait beaucoup à dire sur l’univers qu’ouvrait cette béance. J’étais confronté, alors à la question de la naissance.  Naissance humaine, créations au sein de la création, au sein du chant général de la nature.  Le titre de sa récente exposition, au Château de Chambord « Arborescences » révèle la manière dont Lydie Arickx pense et construit son « travail », travail mêlant les règnes sans en privilégier aucun.  Ainsi le fœtus est une graine dans la gousse des pois, les linéaments des feuilles, des vascularisations éclairant le cerveau, une rosace d’orages et d’éclairs pulvérisant la terre.  Lydie Arickx vit une expérience séculaire et profondément contemporaine, celle que le développement des sciences qualifie d’enchevêtrements du vivant.

Cet enchevêtrement était aussi présent lors de ma première rencontre avec l’œuvre d’Anne Tréal-Bresson.  A tel point que, je décidais de traverser la France pour découvrir son atelier où, indépendamment de sculptures et de performances, dominait une œuvre de dessin d’une extraordinaire acuité, source d’une fascination hypnotique.  Ici, la figure du corps n’existe pas par la masse ou par l’incarnation mais par un flux (celui du sang) traversé par l’Eros réversible du désir. Son mouvement suit l’infime de la matière pour le dilater à la dimension d’un cosmos d’organes masculins ou féminins, dévoration ou floraison, graphe, Anne Tréal Bresson vit un réel où la particule et l’onde sont une seule et même substance.  Ce principe, ce réel mobile égalisent le moindre grain de peau à un océan.  La vitalité de son œuvre est sœur de celle de Lydie Arickx. Si Lydie est du côté de l’origine et de sa force native, celle d’Anne est une réponse, une résistance, un refus des lieux de mort, du totalitarisme de la souffrance devenue instrument des dictatures domestiques ou sociétales.  Lydie Arickx a reconnu dans la force irréductible d’Anne Tréal : la sienne.  Dans cette exposition, entre les pôles de la naissance et de la mort, c’est surtout la vie qui nous éclabousse.  Elle les fait entrer sur scène à tour de rôle, au profond du corps, comme en un pas d’ombres et lumières, entre ce qui vient et ce qui disparaît.

OLIVIER KAEPPELIN

 

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